Je l’avoue, je n’y comprends pas grand-chose en matière d‘automobiles et pour moi, une bagnole, c’est un objet, très pratique certes, à 4 roues, un toit pour être à l’abri des intempéries et un moteur, qui doit démarrer au quart de tour quand j’en ai besoin pour me faire transporter de A à B, sans, si possible, trop empester les poumons de mon voisinage.
Donc, du coup, je ne suis pas non plus très branché sur les noms de fabricants d’automobiles, de leurs modèles et de leurs qualités.
Par contre, je ne peux éviter que quotidiennement des quantités de publicités de cette multitude de types de bagnoles ne déferlent sur moi. Toutes avec des noms des plus prestigieux, qui devraient nous faire courir vers le concessionnaire le plus proche pour les acheter immédiatement ou, plutôt de nos jours, de les leaser subito en all-in-one…

Autrefois les veinards, qui possédaient une voiture, nommaient leur engin par le nom de la marque et cela suffisait, chaque marque n’ayant qu’un seul modèle à vendre. Les constructeurs donnant bien un court suffixe technique à leurs bolides, mais ceci uniquement pour leurs propres besoins.

Plus tard, me semble-t-il à partir des années 50, les constructeurs d’automobiles, ayant différents modèles simultanément sur le marché, durent donner des noms divers et pas trop techniques à ces variantes pour que les clients puissent les distinguer. Depuis cette époque l’Amour de sa vie, ça se fait nommer par son prénom et plus par son nom de famille…

Je suis encore d’avis, qu’à cette époque le coup de maître en la matière fut Citroën avec sa DS 19. Pourquoi était-ce la N° 19, ceci j’espère toujours que les spécialistes d’entre vous pourrez me l’expliquer un jour, mais je me rappelle, qu’encore écolier, avoir trouvé extraordinaire que l’on puisse avec 2 lettres de l’alphabet créer quelque chose d’aussi magique qu’une déesse. Un peu plus tard apparut l’ ID. Une bonne idée, mais ne valant de loin pas la déesse à mes yeux. En classe, nous essayions alors en vain de trouver d’autres noms fantastiques avec deux lettres de l’alphabet. Nous avions bien trouvé des AG, des AP, des HI, des KC, des PT ou semblables et de bas niveau contenant par exemple un Q, qui font beaucoup rigoler les gamins, mais qui sont totalement inadéquats dans le monde de l’automobile.
Il semblerait que même le personnel du marketing de Citroën ne trouva rien du genre, lui non plus, car les noms de leurs modèles devinrent plus longs tout en se mettant à défiler à un rythme d’enfer.

Entre temps la quantité de modèles apparaissant annuellement et venant de tous les coins de ce globe est énorme. Et ils portent tous des noms universels, compréhensible partout dans le monde où il pourrait y avoir des clients potentiels.

J’essaye de me représenter les journées de ces meutes de gens, dont le boulot est de rechercher à longueur d’années des nouveaux noms aguicheurs et plus attrayants que ceux de la concurrence, pendant que les ingénieurs développent les caisses et les stylistes peaufinent les formes de ces nouveautés.

Bien sûr, tout un chacun te dira que sa bagnole, il l’a achetée pour ses qualités techniques, sa forme aérodynamique, sa clime ajustable individuellement pour chacune de ses fesses, à la rigueur pour son rapport qualité-prix. Mais comme un acheteur de pinard ne t’avouera jamais qu’en fait c’est l’étiquette de la bouteille qui l’a fait craquer, personne ne te dira que c’est le nom du modèle qui l’a décidé à s’y mettre au volant.

Et pourtant si toutes ces entreprises mettent autant d’énergie dans la chose, c’est bien parce qu’elles sont persuadées que rien que ce nom magique fera augmenter de manière exponentielle le nombre des ventes.

Mais il arrive aussi que ces « baptiseurs » de modèles n’aient pas la main heureuse pour nommer leurs bébés.

Ainsi, dernièrement en voyant la publicité d’un modèle de bagnole de chez Audi, j’ai tiqué.

Audi Q4 e-tron

Je me suis demandé si la division de marketing de chez Audi avait laissé faire ses apprentis, alors que leur équipe de « baptiseurs » était décimée par un certain virus ou si c’était le représentant teigneux et donc français de l’équipe, qui avait donné, au dernier jour de son emploi dans l’entreprise, ainsi son avis très perso, sur l’engin ?
Audi se donnerait-il vraiment des chances de bien vendre ce modèle e-tron en régions francophones ?

D’accord, c’est un E suivi d’un trait d’union. Mais le E venant du mot Électrique, se prononce donc É. Et trait d’union ou pas, on lit le tout comme si c’était un seul mot. Donc Étron !

Tout en sachant que ce mot n’est plus guère utilisé en langue française, j’imagine tout de même une certaine réaction autour d’une table francophone lors d’un banquet, lorsqu’un convive demanderait à son voisin de table ce qu’il possède comme modèle automobile et s’il en est satisfait et que celui-ci répondrait fièrement, et donc forcément très fort, « C’est un étron ! » .

Il me semble que cette dénomination de modèle est plutôt cucul et non Q4, comme l’a décidé Audi …

Mais comme le dit si bien la phrase : Honni soit qui mal y pense !